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COVID 19 : La situation filière par filière en Nouvelle-Aquitaine au 29 mai 2020

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Une synthèse proposée par la Chambre Régionale d'agriculture et l'équipe régionale «Economie Prospective » permet de faire le point chaque semaine sur la situation, selon les thèmes et les filières de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Voici pour la semaine 22 - la note numéro 9.

Cette synthèse  résulte de la collecte d’informations de différentes sources, essentiellement celles des agents de la CRANA et des CDA de la région, qui font un remarquable travail en temps réel.

>> Lire la note de veille numéro 9 de la semaine 22 en détail

 La Synthèse par thème et par filière : Points essentiels et de vigilance

Contexte Général

La deuxième phase du dé confinement doit s’ouvrir mardi 2 juin jusqu’au 21 juin, selon des modalités différentes entre la zone orange, qui reste sous « vigilance particulière » (Ile-de-France, Mayotte et Guyane), et la zone verte totalement dé confinée (le reste de la France).
Les bars, cafés et restaurants sont autorisés à rouvrir dans le respect de la distanciation physique : groupe de dix au maximum, distance minimale de 1 m entre chaque table, interdiction de consommer debout à l'intérieur, port du masque obligatoire pour le personnel ainsi que pour les clients quand ils se déplacent dans l'établissement ; dans les régions classées en orange, seules les terrasses pourront pour l'instant rouvrir.
L'ensemble des classes de collège ouvriront en zone verte, les classes de 6ième et 5ième seront prioritaires en zone orange ; en zone verte, tous les lycées généraux, technologiques et professionnels seront rouverts et devront accueillir tous les élèves sur au moins un niveau. En zone orange, la priorité sera donnée aux lycées professionnels pour assurer les certifications.
L'Etat va réduire à compter du 1er juin sa prise en charge des coûts du chômage partiel de 100 % à 85 %. Cela signifie que les entreprises devront financer les 15 % restants, sauf dans certains secteurs encore pénalisés par des mesures de restriction. Pour les salariés, l'indemnité restera la même (70 % du salaire brut, soit environ 84 % du salaire net).
Le FMI prévoit une récession mondiale de grande ampleur (-3 % du PIB). La zone euro serait la plus touchée (-7,5 %), suivie par les Etats-Unis (-5,9 %) et l’Amérique Latine (-5,2 %). Les pays d’Asie Centrale et du Moyen-Orient s’en tirent mieux (-2,8 %), comme ceux de l’Afrique Sub-saharienne (-1,6 %). Les pays émergents d’Asie du Sud-Est ne seraient pas en récession (+1 %).
Dans la zone euro, selon la Commission européenne, la récession sera plus forte en Italie (-11 %), en Espagne (-10 %) et en France (-9,9 %). L’Allemagne s’en tire mieux (-7 %), mais ses fondamentaux économiques, basés sur l’exportation de biens manufacturés (automobiles, machines-outils…) risquent de la plomber plus durablement.
Les écarts des taux d’endettement entre pays se creusent : en 2020, ce taux sera de 159 % en Italie et de 197 % en Grèce, mais restera bien en-deçà en Allemagne (76 %) ou en Irlande (66 %) : si des dispositifs d’endettement mutualisés peinent à se mettre en place, il y a fort à craindre que les taux d’intérêts divergent profondément, ce qui pourrait bien faire éclater la zone euro.
Le commerce international, qui baissait déjà fin 2019 (-1 %), s’écroule au premier trimestre 2020 (-6 %). Selon les scénarios de l’OMC, le commerce mondial pourrait reculer de -13 % à -32 % en 2020 par rapport à 2019.
Selon l’INSEE, l’activité économique française se serait nettement reprise depuis la fin du confinement (11/05) par rapport aux semaines précédentes : -21 % par rapport à une situation normale, contre -33 % durant les huit semaines de confinement.
Sauf résurgence de l’épidémie de covid-19, le PIB français diminuerait d’environ -20 % au deuxième trimestre 2020 (après –5,8 % au premier). Ce serait la plus forte récession depuis la création des comptes nationaux français en 1948.
D’après le baromètre de l’ANIA, la perte de chiffre d’affaires par région des industries agroalimentaires (IAA) sur la période de mars à mai 2020 montre une forte hétérogénéité, avec une baisse globale de chiffre d’affaires de -22 % (en particulier pour l’épicerie sucrée et les boissons). Les IAA estiment également une hausse globale des surcoûts liée au covid-19 de +8 %. Les IAA de Nouvelle-Aquitaine perdent -20 % de CA, soit légèrement en moins que la moyenne française.
Mme Von der Leyen a annoncé le 27/05 que la Commission emprunterait 750 milliards d’euros pour aider le continent à sortir d’une récession sans précédent, à comparer au budget européen en cours de discussion pour la période 2021-2027 (1.100 milliards d’euros).
L’Italie, la plus touchée par la pandémie et sans marge de manoeuvres budgétaires, touchera 82 milliards d’euros de subventions, l’Espagne 77 milliards, la France 39 milliards, la Pologne 38 milliards, l’Allemagne 29 milliards… Les 250 milliards d’euros de prêts ont également été pré-alloués : 91 milliards d’euros pour l’Italie, 63 milliards pour l’Espagne, 26 milliards pour la Pologne, rien pour la France ou l’Allemagne.
Si les Vingt-Sept parviennent à s’entendre sur un plan de relance − l’unanimité est requise −, il faudra ensuite que les parlements nationaux se prononcent.
Depuis un mois, le prix du pétrole (brent) est passé de 20 $ à 34 $ le baril, soit environ la moitié des prix d’avant la crise. Cette lente remontée pourrait se confirmer ces prochains mois.
La parité euro-dollar fait du yoyo mais, en tendance, l’euro s’affaiblit ces derniers mois (1,11 €/$ au 29/05, contre 1,20 €/$ dans les années 2007-2008), ce qui est favorable aux exportateurs européens.

 Consommation

L'approvisionnement alimentaire s'oriente de nouveau vers les hypermarchés et les hard-discounters.
Les ventes en drive présentent toujours une bonne dynamique
Les consommateurs continuent d'affirmer leur préférence pour des produits locaux et écoresponsables.
La baisse de pouvoir d'achat inquiète l'ensemble des acteurs.
 

Main d'œuvre  exploitation

Si les frontières restent fermées, le gouvernement a assoupli le dispositif pour répondre à la pénurie de main d'oeuvre dans l'agriculture. Ainsi, les saisonniers européens ont le droit d'entrer s'ils ont un contrat de travail en règle. La réouverture des frontières concerne tous les ouvriers agricoles européens, même hors espace Schengen.
Globalement, toujours pas de tension de main d’oeuvre à constater
Des inquiétudes grandissantes émergent autour de la prochaine campagne d’apprentissage.

Horticulture et Pépinière

L'activité a battu son plein à la faveur d'une météo clémente et d'un recentrage des activités au domicile.
La filière travaille à un plan de relance avec le Ministère de l'Agriculture.

Tomates

Cette semaine se caractérise par un meilleur écoulement des stocks en station.
La demande est soutenue mais l’offre nationale est importante notamment sur les petits fruits. La semaine dernière la tomate cerise a été déclaré en crise conjoncturelle.
Cette semaine les cotations au RNM d’Agen se sont améliorées.

(sources : RNM Agen /CDA40 & CDA33 et CDA16)

 

Fraise

La production en sol est terminée depuis 10 jours et les volumes des fraises remontantes (gariguettes hors sol) sont encore limités (pic attendu dans 15 jours).
La demande est présente mais moins fluide en fin de semaine.
Les cours qui sont resté stables se resserrent en fin de semaine : la cotation expédition de la Gariguette Sud-Ouest cat.I barq.250g (le kg) est passée de 8,40 € sur la semaine 21 (du 16 au 22 mai) à 8,35 € ce début de semaine et à 8,0 € le 28/05.
Les problèmes sanitaires (punaise et oïdium) persistent et les luttes biologiques et chimiques n’enrayent pas les attaques (des situations différentes selon les parcelles)

(sources : RNM Agen /CDA47 & CDA24)

SaladesDepuis la fermeture des restaurants, il n’y a plus de ventes de barquettes de multi-feuilles. Ces variétés ne peuvent pas être écoulées sur un autre circuit de distribution ce qui implique des destructions et des pertes sèches de chiffre d’affaire des entreprises.
Sur les variétés traditionnelles, le marché est également complexe

Viticulture

Pour les AOC,
  •  En mai, une nouvelle baisse des transactions en vrac en Bordeaux rouge. Les professionnels de la filière sont incapables de se projeter sur l’évolution des ventes en 2020 si ce n’est en anticipant une baisse notoire.
  • Le 3 juin prochain, les mesures de mise en oeuvre du plan d’aide à la viticulture validé par le gouvernement le 11 mai dernier vont être adoptées.
  • Elles vont se traduire par une déclaration très rapide de chaque viticulteur auprès de l’administration, d’ici fin juin, des quantités de vin qui partiront à la distillation. Ce délai très court doit permettre aux distilleries locales de s’organiser afin de libérer les chais d’au moins 500.000 hectolitres de vin voire 700.000 hl en Gironde, avant la prochaine récolte (cf. article Aqui.fr en lien : Distillation de crise)
Pour le COGNAC,
  • la très forte dynamique de la commercialisation que connait la filière est aujourd’hui très perturbée par la crise sanitaire : la baisse de la commercialisation du mois d’avril est de 60% et devrait se réitérer au mois de mai.
  • Le rendement agronomique de la campagne 2020 fixé en fonction du besoin de commercialisation sera revu à la baisse.
  • Comme chaque année et d’autant plus du fait de l’épidémie de Covid-19, la filière Cognac recrute pour le travail saisonnier dans les vignes via la plateforme mobilisationemploi.gouv.fr.
 

 

Grandes cultures

Les écarts sur les différents marchés se creusent toujours. Les contrats de blé à échéance mai 2020 se sont soldés à plus de 200 €/tonne, et le prix sur l’échéance septembre 2020 oscille entre 185 et 190 €/tonne. Les exportations de blé et de maïs (encore plus compétitif que le blé pour l’alimentation animale) sont très dynamiques, mais la concurrence sera rude notamment avec des pays comme l’Ukraine qui semble vouloir relâcher les quotas aux exportations imposés en avril. Rien que sur la deuxième semaine de mai, l’Ukraine et la Russie ont exporté respectivement 900 000 tonnes et 600 000 tonnes de céréales.

Les difficultés sur les marchés oléagineux devraient légèrement se réduire avec le rebond des marchés pétroliers, corrélée à l’augmentation de la demande mondiale avec le dé confinement progressif des pays. Avec la baisse des emblavements en Europe, le prix du colza devrait rebondir de façon robuste dans les prochaines semaines.

 
Chevreaux et Agneaux

Les cours s'orientent à la baisse.
Les produits d'imports se réaffirment progressivement dans les linéaires

Bovin Viande

Les cours du maigre restent stables mais éloignés des niveaux plus élevés connus sur les exercices précédents. La morosité du marché du JB pèse.
Les stocks en fermes de JB augmentent toujours : 13 000 têtes à l'échelle "France" dont 20% sur notre région (source Interbev), soit une semaine d'avance.
Concurrence de plus en plus forte entre les pays européens.
Les cours sont toujours très bas en filière veau de boucherie.
Les vaches de réforme devraient profiter de la reprise d'activité de la restauration hors foyer.

Palmipèdes et Lapins

La filière longue représente plus de 80 % de la production française. Sur l’IGP Sud-Ouest, il se joue à court terme la survie de 1.800 éleveurs et de 160 entreprises d’aval, pourvoyeuses de nombreux emplois ruraux : l’impact économique pourrait être terrible, notamment dans les départements du sud de la Région et en Occitanie.

 

Volailles

Dans les filières poulets et dindes, les ventes sont stables ou en légère régression au mois de mai par rapport à la même période de 2019. En Europe, le surstock sur 10 pays est évalué à 500 000 tonnes, ce qui est très important, au regard par exemple des 900 000 tonnes importées chaque année depuis les pays tiers.

Lors du conseil des Ministres européens de l’agriculture, qui s’est tenu le 13/05, la possibilité de prendre en compte les coûts de stockage a été ouverte à la volaille mais sur fonds nationaux.

La fermeture de la RHD, des foires, marchés, salon…, combinée à un effondrement des exportations, reste le gros point noir pour certaines filières comme le canard à rôtir, la pintade, le pigeon et la caille. A ce stade, la baisse d’activité liée à la fermeture de ces marchés pour les filières concernées est évaluée à près de 50 %, soit environ -160 millions d’euros (dont -135 millions pour le canard à rôtir et -15 millions pour la pintade).

Porc

Le marché européen s'allège et la Chine est plus active à l'achat.
Les soucis de contamination dans les abattoirs pénalisent les volumes traités et grippe l'ensemble de la filière (blocage d'animaux en ferme).
La filière "jambon de Bayonne" attend un retour d'activité avec la reprise des opérations promotionnelles en GMS
La reprise de la restauration hors foyer devrait permettre d'abaisser le déséquilibre matière.

Lait

Le commerce extérieur de produits laitiers a rebondi en mars : les exportations sont en hausse de +10 par rapport à mars 2019, et de +4,3% sur le premier trimestre de 2020. Il faut sans doute y avoir un effet des contrats passés en début d’année qui ont dû être honorés. Reste à savoir si cette dynamique se poursuivra en avril et durant le second trimestre, car la contraction de la croissance mondiale, à laquelle il convient d’ajouter la chute des recettes pour les pays producteurs et exportateurs de pétrole, ainsi que la concurrence des autres pays producteurs de produits laitiers, peuvent jouer en défaveur des exportations françaises.
Selon FranceAgriMer, la collecte française de lait de vache a poursuivi sa baisse saisonnière. Cette baisse s’opère sur un rythme particulièrement soutenu puisque le volume collecté est également inférieur de -0,7% au niveau déjà bas de 2019 (-3,5millions de litres) et surtout inférieur de 2,8% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
La mesure de stockage privé sur le beurre, déjà utilisée à hauteur de 24.300 t par les États-Membres, semble avoir un impact positif sur ce marché : le prix des contrats de beurre a continué à remonter en semaine 20, de 57€, pour atteindre 2.700 €/t. Le prix de la poudre grasse est également en hausse, à 2.730 €/t.
La diminution des importations de lait de chèvre constitue une opportunité pour la filière française d’être plus présente dans les GMS, notamment pour les fromages, ce qui, sur les deux dernières semaines écoulées, permet de compenser le repli du chiffre d’affaires antérieurement enregistré. De plus, la réouverture des marchés de plein air a permis de réenclencher une dynamique partielle des ventes, mais tout est loin d’être rattrapé.
L’incertitude demeure sur la vigueur de la reprise de la consommation de fromages de chèvre. C’est pourquoi les transformateurs de Nouvelle-Aquitaine demandent aux éleveurs de continuer à modérer la production.
Quelle que soit la région, la fermeture des établissements de RHD continue de peser sur les chiffres d’affaires des producteurs de fromages AOP/IGP. Après huit semaines de confinement, la chute est abyssale. Le report des achats en GMS n’a que partiellement compensé l’effondrement des ventes en RHD.
En Nouvelle-Aquitaine, les producteurs de fromages AOP/IGP ont volontairement réduit la production laitière comme la mise en transformation, et se sont orientés vers la fabrication de produits pouvant être plus longuement stockés.
Focus BIOLe confinement a favorisé le développement des ventes de produits bio. Dans la grande distribution, elles ont progressé de 21,2 % en valeur au cours du premier trimestre 2020 par rapport au premier trimestre 2019.
Avec près de 265 millions de litres, la collecte de lait de vache biologique a progressé de 14,9 % au cours du premier trimestre 2020 par rapport au premier trimestre 2019. La moyenne sur un an (avril 2019 à mars 2020) du prix bio réellement payé aux producteurs a été de 481,45 €/1000 L.
Au cours du premier trimestre 2020, les ventes de viande hachée bio à poids fixe en GMS (hard discount, proximité et e-commerce inclus) ont progressé de 14,8 % en valeur par rapport au premier trimestre 2019.
Les mises en place de poulets biologiques en filières organisées ont reculé de 4 % au cours des 12 premières semaines de 2020 par rapport à la même période de 2019.
En GMS et en hard discount, le prix moyen du poulet biologique prêt à cuire (origine France) sur les 11 premières semaines de l'année 2020 est inférieur au prix moyen sur la même période de 2019 et au prix moyen annuel 2019. En revanche, il est supérieur aux deux en magasins spécialisés.
En magasins spécialisés, en GMS et en hard discount, le prix moyen des oeufs biologiques (conditionnés en barquette de 6) sur les 11 premières semaines de l'année 2020 est inférieur au prix moyen sur la même période de 2019 et au prix moyen annuel 2019.
Au cours des 9 premiers mois de la campagne 2019/2020, la collecte globale de céréales bio et en C2 a progressé de 67 % par rapport à la campagne précédente.
La production nationale d'aliments composés bio a reculé de 2,6 % au cours du premier trimestre 2020 par rapport au premier trimestre 2019.
Au cours du premier trimestre 2020, les achats des 15 fruits et légumes bio les plus consommés (hors agrumes) par les ménages sont restés stables par rapport au premier trimestre 2019.