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COVID 19 : La situation filière par filière en Nouvelle-Aquitaine au 7 mai 2020

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Une synthèse proposée par la Chambre Régionale d'agriculture et l'équipe régionale «Economie Prospective » permet de faire le point chaque semaine sur la situation, selon les thèmes et les filières de la Région Nouvelle-Aquitaine.

découvrez la note Numéro 7

Cette synthèse  résulte de la collecte d’informations de différentes sources, essentiellement celles des agents de la CRANA et des CDA de la région, qui font un remarquable travail en temps réel.

>> Lire la note de veille numéro 7 de la semaine 17 en détail

 Les éléments propres à cette semaine sont en caractères rouge

La Synthèse par thème et par filière : Points essentiels et de vigilance

Contexte Général

Le dé confinement commence dans certains pays, selon des modalités et des conditions très disparates, notamment dans l’Union européenne. Il prendra plusieurs mois, au moins.

Le FMI et la Banque Mondiale ont confirmé que l’économie mondiale connaîtra une grave récession sur l’année 2020, bien plus profonde (-3 %) que celle de 2009, lors de la crise dite des "subprimes" (-0,4 %), qui fut importante et dévastatrice, en particulier sur l’emploi.

Le produit intérieur brut (PIB) de l’Union européenne devrait chuter de 7,4 % en 2020, avant de remonter de 6,1 % en 2021, car tous les moteurs de la croissance (consommation, production, investissements, exportations) sont à l’arrêt. Un certain temps sera nécessaire avant qu’ils retrouvent leur niveau d’avant-crise.

La note de l’INSEE, datée du 30 avril, fait mention d’une récession au premier trimestre de -5,8% en France. C’est un véritable choc économique pour le pays, puisque cette récession efface quatre années de croissance en un seul trimestre.

12 millions de salariés du secteur privé français sont en chômage partiel (60 % du total des emplois privés).

5 millions de français sont en télétravail.

 Banque

Légère augmentation des demandes de Prêts Garantis par l'Etat sur les quinze derniers jours.

La vague des demandes est toujours attendue pour la deuxième quinzaine de mai.

Des cellules "engagement", spécifiques aux orientations technico-économiques les plus touchées, se mettent en place dans toutes les banques.

Le risque "pandémique" étant exclu des conditions générales des contrats, la plupart des assurances, compagnie propre ou filiale de banque, à caractère mutualiste, mettent en place des accompagnements ("prime forfaitaire" ou remise de cotisation).

 Consommation

Les sondages auprès des consommateurs tendent à confirmer que ces derniers vont poursuivre leurs pratiques d'achat dans des magasins de proximité : gain de temps et limitation des contacts (83 % des sondés selon l'IRI).

Les commandes en ligne s'affirment clairement, le système "drive" ou "click & collect" progresse nettement (+80 %) tout comme celui des livraisons. La part de marché est attendue autour de 8 % pour 2020 (Vs 5,7 % en 2019) – Source Nielsen.

Dans un contexte où les consommateurs ont eu besoin de se rassurer et se sont concentrés sur les produits de grande consommation : les marques de distributeur s'affirment, que ce soit pour des achats en ligne ou en magasin.

Inquiétude liée à l'impact de la baisse de pouvoir d'achat des consommateurs
 

Main d'œuvre  exploitation

A ce jour, les frontières françaises demeurent fermées et donc légalement, il ne peut pas y avoir d’arrivée de main-d’œuvre européenne en France (même à l'intérieur de l'espace Schengen).

Si cette situation de droit perdurait, il pourrait y avoir des tensions sur la main d’œuvre d’emploi saisonnier.

Même tendance que le 24 avril sur 11 départements : volume d’offres stable mais volume de candidats fortement à la hausse (sauf en Charente où le volume d’offres est fortement à la hausse)

Globalement, toujours pas de tension de main d’œuvre à constater

Horticulture et Pépinière

Dans la majorité des départements, les Préfectures n'ont pas accordé d'assouplissement quant à l'ouverture des serres à la clientèle.

Sur la vente de plantes ornementales, c'est globalement 3 à 4 semaines de chiffre d'affaires perdues au début de la période majeure de vente de l'année.

Les détaillants n'acceptent pas la distorsion de concurrence avec les GMS et les jardineries.

Asperge

Depuis le 21 mars l’asperge est déclarée en « crise conjoncturelle » par le RNM avec des prix anormalement bas.

Malgré l’ensoleillement la production n’augmente pas car en Gironde et dans les Landes les arrêts de parcelles se poursuivent (fin de campagne démarrée début février). En Charente, la récolte a démarré 1ere semaine d'avril et devrait se poursuivre jusqu'au 15-20 Mai.

La demande est active aujourd’hui : beau temps, prévision du jour férié de vendredi, même si les  magasins seront ouverts ce vendredi et perspectives enthousiasmantes du dé-confinement.

Cependant, la concurrence ne permet pas d’augmenter les prix.

Sources : RNM Agen /CDA33 & CDA40 et CDA16

 

Fraise

La main d’œuvre reste le sujet de préoccupation des fraisiculteurs (beaucoup de turn-over) avec un retard de cueillette. La production de la fraise ronde est maintenant prépondérante.

Les orages de début de semaine ont pénalisé la tenue du produit et son transport.

Mais la demande est active.

Les prix demeurent fermes.

La saison est marquée par de nombreux problèmes sanitaires avec une précocité  et une vigueur particulières.

Sources : RNM Agen /CDA47 & CDA24
Kiwi
Pas d'élément nouveau

Viticulture

En AOC

sur la dernière quinzaine d’avril, confirmation de la reprise des volumes en contrats vrac sur le Bordeaux rouge (Prix moyen du Bordeaux rouge à 946 €/tonneau mais avec de très grands écarts de prix) et maintien des volumes en Bergerac sur la GD. Pas de signe significatif de reprise du vrac sur les autres groupes (Médoc, Côtes...).

Les ventes sur la GD se réalisent avec des prix à la baisse : prix plancher descendu à 650€/tonneau en Bordeaux et Bergerac.

Prix du bio maintenu à 2000 à 2200€/tonneau en Bordeaux rouge

 Pour le COGNAC, pas d’éléments nouveaux

 

Arboriculture

- Pour les filières arbo (noix, pommes, prunes, châtaigne, kiwi, .....) l'impact de la crise COVID -19 reste, à ce jour, modéré (stocks d’approvisionnement en intrants et besoins limités…). 

- Un questionnement sur la venue de saisonniers pour l'éclaircissage manuel (pommes)  dans 7 à 8 semaines.

- Une demande soutenue en GMS et sur les circuits courts  Reprise du trafic de poids lourds depuis 10 jours.

 

Grandes cultures

Les écarts entre les marchés céréaliers et oléagineux se poursuivent.

La cotation du blé se stabilise à 180-190 €/tonne, et les exportations françaises vers les pays tiers continuent de fortement progresser (+40 %).

Le maïs et les oléagineux sont plombés par le prix du pétrole, dont le prix remonte, mais reste divisé par deux par rapport au début de l’année.

L’accumulation des stocks d’huiles à cause du bas prix des hydrocarbures fait craindre des pénuries de tourteaux pour l’alimentation animale avec le ralentissement des activités de trituration

Porc

Les cours sont en baisse dans un marché européen qui continue de se dégrader.

La Chine fait pression sur les prix en s'appuyant sur un cours du porc au plus bas aux USA.

La filière "jambon de Bayonne" souffre des commandes en baisse de la part des salaisonniers (perspectives de baisse de consommation).

 
Chevreaux et Agneaux

Le marché de l'agneau est à l'équilibre mais la filière craint l'augmentation des disponibilités sur les semaines futures.

La libération des stocks d'agneaux d'import dans la grande distribution va peser sur les cours.

L'évolution de la consommation lors de la période de dé confinement sera déterminante, la reprise de la demande en RHD est vivement attendue.

Face à la dégradation du marché les engraisseurs de chevreaux ont suspendu le ramassage.

Les mesures de stockage vont, enfin, contribuer à rétablir l'équilibre offre/demande

Bovin Viande

Le marché du maigre se tient. L'offre est limitée, mais la dégradation du marché du JB va finir par peser sur les cours, les engraisseurs vont actionner ce levier pour préserver leurs marges.

Les stocks en ferme sont avérés et augmentent.

La réorientation de la consommation vers le haché pèse sur la valorisation "prix" des carcasses. Le Ministre de l'Agriculture exige une plus juste répartition de la valeur (allocution du 05 mai).

Cours très dégradés en veaux de boucherie, les mises en place se réduisent.

Palmipèdes et Lapins

En palmipèdes, la filière longue représente plus de 80 % de la production française. Sur l’IGP Sud-Ouest, il se joue à court terme la survie de 1.800 éleveurs et de 160 entreprises d’aval, pourvoyeuses de nombreux emplois ruraux : l’impact économique pourrait être terrible, notamment dans les départements du sud de la Région et en Occitanie.

La filière cunicole pointe une baisse significative des volumes distribués en GMS depuis Pâques (-15 à -20%). L’export est quasiment à l’arrêt, de même que la RHD.

 

Volailles

La fermeture de la RHD restera le gros point noir pour la filière volaille : cependant, la baisse d’activité est limitée à -5 % en Nouvelle-Aquitaine.

Par contre, la crise frappe durement les filières pigeon, pintade, canard…

Lait

Les cours internationaux du beurre et de la poudre s’effondrent (-30 %, sauf en Océanie, où la demande chinoise reste importante).

En France comme dans la plupart des pays confinés, les filières laitières affrontent d’importants bouleversements de leurs débouchés : report de consommation de la RHD vers la grande distribution et ralentissement des exportations provoquent un ralentissement de la demande.

Les consommateurs se portent essentiellement sur les produits laitiers en libre-service, et toujours nettement moins sur ceux à la coupe ou en ultra frais.

Toutes les AOP et IGP laitières sont touchées, avec des baisses en moyenne de 60 % des commandes (de 15 % à 90 % en fonction des filières). Plusieurs AOP engagent des mesures volontaires de réduction de la production laitière et de la mise en transformation, avec des réorganisations des collectes et des réorientations vers des produits de stockage.